French Podcast


Pourquoi Allo ?

\a.lo\ is an interjection to greet someone or to confirm that the person being addressed is listening, or to confirm if anyone is listening. “Allô? Tu m’entends?” 

Used in many countries, cultures and languages, “Allo” is used to connect to others

Funny enough, “Allo” comes from Ancient Greek állos and actually means other. We can also find it as a prefix in the word allophone, for example, defining persons whose mother tongue is one other than that spoken by the majority. 

Our podcast represents all of these ideas! We want to offer a way for our allophone students to connect to others through original stories, told by French speakers in an authentic French language. Our podcaster, Hélène, interviews people who share meaningful stories.

Transcription - Episode 01

Vous écoutez Allo, le podcast de l'Alliance Française de Calgary.
Aujourd'hui, nous rencontrons Mounira qui nous parle d'un voyage qui a changé sa vie. Mounira a 20 ans quand elle voyage en Inde avec sa famille.

-  A mes 20 ans j'ai eu la chance de faire un voyage en inde avec ma famille.

Ce voyage va changer sa vie : elle y découvre la misère.

- Et ce voyage a été bouleversant parce que j'ai vu à quel point tellement de gens souffrent, manquent de tout, vivent dans la misère.

Mais Mounira est privilégiée : elle vit à paris avec sa famille, ses amis. Elle décide alors de devenir volontaire, bénévole, et de donner son temps pour les autres. Elle n'a pas assez d'argent pour partir en Inde mais elle trouve une autre destination.

- Et ce voyage aussi m’a rappelé à quel point moi j'avais de la chance alors que tant de gens n'en ont pas. Et du coup j'ai eu envie de rendre aux autres un peu de la chance que j'ai. Et j'ai décidé de rechercher un moyen de faire du bénévolat à l'étranger. Alors je voulais partir en Inde à la base mais malheureusement je n'avais ni les qualifications ni les moyens financiers pour pouvoir partir. Et du coup, j'ai été attirée par une offre de volontariat qu’offrait jeunesse et rêve construction à l'époque. C'était un projet de ravalement et de reconstruction de la cour d'une école primaire dans un petit village sur une des îles proches de Copenhague, la capitale du Danemark.

C'est donc au Danemark qu'elle trouve un projet de construction d'école.

- Alors, c'était pas aussi exotique que partir en Asie ou en Afrique mais l'avantage, c’est que ça restait en Europe, c'était dans mes moyens et j'allais pouvoir enfin voler de mes propres ailes. A 20 ans quitter le foyer familial et partir toute seul pour donner de mon temps et découvrir un autre pays, une autre culture.

La destination n'est pas aussi exotique, mais Mounira est impatiente de partir seule, d'être indépendante et d'aider la population locale. C'est le premier voyage que Mounira fait seule. Elle a peur : peur d'être trop timide ou de ne pas pouvoir communiquer par exemple.

- Je me demandais si je réussirais à me faire d'autres amis. En plus, j'étais assez timide.

Le grand jour arrive. Mounira va à l'aéroport de Paris. Elle a un gros sac à dos et beaucoup d'affaires.

- Donc le grand jour, je partais à l'aéroport de Roissy, Charle de Gaulle avec mon sac à dos de randonneur, mon sac de couchage. Tout ça, pesait très très lourd. J’avais pris énormément d'affaires alors que je ne partais que pour 15 jours.

Elle arrive enfin et rencontre le directeur et les autres personnes volontaires.

- Mais tout s'est bien passé : l'arrivée là-bas, le directeur était bien là au point du rendez-vous. Il m'a emmené sur le site où j'ai pu rencontrer tout le monde.
Elle aime l’île où elle est. Tout est nouveau et différent mais les gens sont gentils et elle y mange des spécialités locales.
- La petite ville de Nykøbing était super mignonne. C'était très chaleureux, très accueillant. J’ai p$u gouter des tas de spécialités : des pains noirs avec des noix, de la charcuterie de toutes sortes que j'avais jamais vu, que j’avais jamais mangé, des fromages. Non, franchement, c'était très différent de ce que j'avais l'habitude de manger.

Et le groupe de volontaires devient vite ses amis. Le soir tout le monde parle, rigole et fait la fête.

- Vraiment, vraiment on rigolait beaucoup et du coup on se couchait tard. Il y avait un feu le soir, donc les garçons faisaient un feu et on restait autour. On papotait et on se racontait des anecdotes. On se racontait la vie, on se moquait un peu des traits de chacun parce que bon, quand on habite comme ça 24 heures sur 24, qu'on travaille ensemble, qu'on loge sous le même toit, en fait on apprend à se connaître beaucoup plus rapidement que parfois des gens qu'on peut croiser tous les jours au bureau.

Le groupe reste ensemble toute la journée : ils mangent ensemble, travaillent ensemble, cuisinent ensemble et vivent ensemble. Les amitiés se créent très vite. Mounira rencontre des personnes de toutes nationalités.

- Donc non il y avait une très très bonne ambiance. Il y avait différentes nationalités donc je me rappelle qu'il y avait un couple de grecs mais y avait un lituanien donc ça c'était la première fois que moi je rencontrais une personne de Lituanie. Il y avait une autre française, il me semble qu’il y avait des espagnols, il y avait un allemand et puis bien sûr nos deux coordinatrices danoises.

Mounira explique le projet de construction que les bénévoles font la journée.

- Donc c'était une école élémentaire avec un jardin d'enfants. Et il y avait toute une structure de jeux en bois. Notre travail consistait à rénover ces structures de jeu.

Le groupe fait des rénovations dans l'école. Il y a des jeux à l'extérieur et des salles de classe à l'intérieur.

- Il y avait une ou deux salles de classe à rénover.
Mounira aime ce travail manuel, elle peut voir concrètement le travail qu'elle fait chaque jour.
- Je trouvais que le travail manuel en fait c'est très gratifiant parce que à la fin de la journée on voyait ce qu'on venait d'accompli. C'était là devant nous et en quinze jours, voilà, c'était méconnaissable : on était passé d'une cour d'école terne et grise à des couleurs vives : du rouge, du bleu.

Malheureusement le voyage de Mounira dure seulement deux semaines. Après ça, Mounira doit rentrer en France. Elle se souvient de la dernière soirée avec le groupe. Ils font la fête toute la nuit et ne dorment pas beaucoup.

- Mais voilà je me rappelle cette dernière soirée où on a veillé toute la nuit pratiquement. On s'est couché au petit matin, à tel point que j'étais en retard pour mon train.

Mounira ne se réveille pas et manque son train. Elle doit trouver une autre solution pour aller à l'aéroport mais elle arrive en retard.

- Et donc c'est en courant que je suis arrivée à l'aéroport. Le personnel était en train de faire embarquer les passagers et moi je courais avec mon sac à dos super lourd sur le dos, fatiguée, je n’en pouvais plus, je courais de toutes mes forces pour ne pas rater l'avion.

Va-t-elle aussi manquer son avion ? Elle court le plus vite possible malgré la fatigue et son gros sac à dos.

- Donc je crois que j'ai jamais couru aussi vite de ma vie et j'ai jamais donné autant d'efforts, je pense, dans une course. Surtout avec je sais pas combien de kilos sur le dos mais je suis arrivé pile à temps. Ils ont bien voulu me faire embarquer.
Mounira prend son avion à temps. Sa place est changée, elle va en première classe et les stewards lui offrent une coupe de champagne. Quel retour magnifique !
- Enorme surprise ! Au lieu de retrouver ma place en économique, serrée, coincée entre plusieurs personnes. Eh bien, ils m’ont trouvé une place en première et pour couronner le tout : petite coupette de champagne dans l'avion. Et voilà je trouvais que c'était une manière tellement sympathique de finir ce beau voyage.

Les années ont passé depuis ce voyage mais Mounira se souvient très bien de ce voyage car il lui a changé la vie.

- Ce voyage a complètement changé ma vie. Avant, j'étais timide, je n'osais pas m'exprimer en public en face de personnes que je ne connaissais pas. Et ce voyage a débloqué quelque chose en moi où, j'ai compris que, en fait, il suffit d'être soi-même, de pas se poser trop de questions et d'aller vers les gens.  Et plus on est ouverts finalement et plus les autres s'ouvrent à nous.

Grâce à ce voyage, Mounira comprend que si elle parle aux autres, les autres lui parleront aussi plus facilement. Mounira revient à Paris avec plus de de confiance en elle et elle n'est plus timide.

- Avec du recul, heureusement que j'ai fait ce voyage parce que, sinon, je pense que j'aurais manqué beaucoup de choses, j'aurais continué à avoir peur, à avoir moins confiance en moi.
Mounira est aujourd'hui maman. Elle espère que ses enfants voyageront aussi un jour.

- Je pense que mes enfants quand ils seront plus grands, je les motiverai, j'essaierai de faire en sorte qu'ils aient envie de faire ce genre de voyages initiatiques.

Et vous, quel voyage a changé votre vie ?


Transcription - Episode 02

Vous écoutez Allo, le podcast de l'Alliance Française de Calgary.
Mon nom, c'est Yao Amos Sani. Je suis Canadien d'origine béninoise.
Voici Amos, il est Canadien d'origine béninoise. Amos a beaucoup voyagé dans sa vie. Il a une expérience professionnelle internationale. Il quitte d'abord le Bénin pour la Belgique en 2001 pour continuer ses études.
Je suis parti du Bénin en septembre 2001. En réalité, j'étais parti du Bénin pour la Belgique pour poursuivre des études en Master. Après je suis resté à l'école polytechnique donc j'étais avec les ingénieurs, les économistes, les statisticiens.
Amos décide de rester en Belgique pour aller à l'école polytechnique mais Amos sait qu'il n'y a pas beaucoup d'opportunités professionnelles en Belgique alors il décide d'émigrer au Canada en 2007 avec sa famille.
Vu les difficultés d'avancement en Belgique, j'ai décidé d'émigrer au Canada. Donc j'ai atterri à Ottawa en 2007.
Amos arrive à Ottawa et décide de prendre des cours d'anglais puis il obtient un diplôme de l'université d'Ottawa en 2011. Il commence alors à travailler pour des associations.
Il vaut mieux que je retourne aux études, j'ai repris les cours d'anglais six mois parce que je veux, je suis venu m'installer au Canada, il faut que je me donne les moyens. C'est de là que je m’étais inscrit pour le MBA à l’Université d'Ottawa en 2008. J’ai mon accréditation en 2011 donc voilà mais je pensais pas travailler dans les associations et à un moment donné, j’ai laissé mon travail où j’étais directeur administratif et financier et je me suis dit pourquoi est-ce que je ne vais pas un peu vers l'ouest ?
Mais Amos quitte son travail il veut aller dans l'ouest du Canada pour trouver une nouvelle opportunité professionnelle.
Et c’est là le jour où j’ai dit à ma famille « Moi je vais partir dans l’ouest et si ça marche vous allez me rejoindre. » C'est comme ça que j’ai atterri à Calgary le lundi 9 juin 2014 La crise économique a commencé à Calgary.
Il arrive alors à Calgary le 9 juin 2014 malheureusement à ce moment à Calgary c'est la crise économique c'est très difficile de trouver du travail.
Jusqu'à ce que - en décembre 2014 j’ai trouvé une annonce pour être assesseur administratif et financier dans un organisme à Calgary.
Amos a de la chance une organisation francophone cherche un nouvel employé ses amis de la communauté francophone conseil à Amos de postuler.
L’annonce je l'avais vue parce que quand j’étais quand même quand j'étais arrivé à Calgary j'étais bien impliqué dans la communauté donc rapidement quand les gens ont vu l’annonce, m’en ont parlé, j'ai postulé j’ai eu une entrevue la directrice et la personne que je devais remplacer.
Amos va à l'entretien d'embauche, il y a la directrice et il y a aussi la personne qu'il doit remplacer Amos demande pourquoi ce poste est disponible.
J'ai posé une question mais pourquoi est-ce que ce poste a été libéré ? Bon on m'a dit « nan » la dame qui dit « non c’est moi-même qui suis là mais c’est juste que je veux changer d’air c’est pourquoi je libère le poste. »
L'employé rassure Amos et explique qu'elle change de travail donc le poste est libre Après un noël en famille à Ottawa Amos retourne à Calgary en janvier pour commencer son nouveau travail.
J’ai eu le poste, je suis retourné à Ottawa pour les fêtes et en janvier j'ai commencé. Trouver un emploi à Calgary en français en milieux francophones entièrement, ce que je ne croyais pas quand je partais d’Ottawa donc j’étais heureux de commencer dans mon domaine.
Ce travail dans la communauté francophone est une chance pour Amos il est heureux de commencer ce nouveau travail mais très vite Amos ressent des tensions dans l'organisation Amos essaye de créer des liens avec ses nouveaux collègues mais c'est difficile.
Et quand je suis arrivé, il y avait déjà comme des clans donc il fallait que je m’insère Ce n’est pas toujours facile la directrice de l'organisation n’est pas Canadienne elle a été recrutée quelque part pour débarquer ici à Calgary.
La directrice n'a pas la culture professionnelle du Canada elle est stricte et difficile avec Amos.
L'attaque était très virulente et ouverte à mon égard des propos rabaissant « Vous n'avez pas confiance en vous-même » ainsi de suite Je voyais des femmes enceintes pleurer dans l’organisation.
Amos comprend que la directrice agit de la même façon avec tous ses employés Amos voit même une femme enceinte en train de pleurer.
C’est qu'elle ne connaît pas les méthodes de gestion nord-américaine et c’est suffisant parce que la personne qui intimide c’est quelqu’un qui a des difficultés, qui a des problèmes, qui a besoin d’aide.
Amos est choqué ; il a voyagé dans beaucoup de pays mais il n'a jamais vu une directrice comme ça.
Moi c'est ma première fois depuis toute ma vie j'ai fait le Bénin c'est l'Afrique j’ai fait le Nigeria j'ai fait la Belgique j'ai fait une partie en France j'ai fait le Canada je n'ai jamais vu quelqu'un faire souffrir faire pleurer une femme enceinte ! Au Canada ! qu'est ce qui ne va pas ?
Amos comprend pourquoi l'employé qu'il remplace est partie elle ne pouvait pas travailler avec cette directrice.
C’est là où j'ai appris et compris que la femme que j'ai remplacée avait déjà des difficultés avec la nouvelle directive après deux mois de collaboration elle n'en pouvait plus.
Amos décide d'écrire au Conseil d'Administration le C.A. de l'organisation pour parler des problèmes avec la directrice.
J’ai écrit une lettre en bonne et due forme au C.A. le C.A. a appelé quelqu’un qui gère les conflits Quand j'ai été auditionné par la consultante mandaté par le C.A. je lui ai dit « Ce n'est pas du racisme » et je le dis encore je ne veux pas me rabaisser parce qu’elle faisait pleurer des Blanches
Amos rencontre une consultante des Ressources Humaines il lui raconte l'ambiance au travail mais pour Amos la directrice n'est pas raciste la directrice est simplement incompétente elle n'a pas de compétences en management.
Et je le répète encore ce n’était pas du racisme c'est- mais c’est de l’incompétence professionnelle c'est de l'incompétence parce que le fait de ne pas avoir la capacité de gérer de diriger- Quel est le chien qui mord ? C'est le chien qui a peur ! C’est le chien qui a peur qui mord ! En fait pour moi c'est de la pratique de ce que vivent beaucoup d’immigrants.
Pour Amos c'est un bon exemple d'expérience que peuvent vivre les immigrants mais Amos sait qu'il y a aussi de la discrimination et du harcèlement chez les employés canadiens heureusement les employés sont protégés par les lois du travail au canada.
S’il y a la loi du travail la protection ou la loi sur l’anti-discrimination c’est que il y a la discrimination, il y a le harcèlement ce n'est pas simplement le cas des immigrants.
Cette expérience a changé la vie professionnelle d’Amos il connaît maintenant les risques d'un mauvais management.
Ce que ça a changé dans ma vie c’est de savoir qu’il faut être armé et compétent et ne pas regarder les autres de haut malgré vos diplômes malgré vos compétences il y a toujours de – il y a toujours de la condescendance.
Mais Amos a fait de cette expérience une force grâce à cette expérience il est devenu un meilleur employé et un meilleur directeur.
Donc dans mon travail jusqu'à aujourd'hui je suis directeur – directeur donc sous le coup de direction mais donc j'ai des gens sous moi j'essaie de les écouter.
C’est très important pour Amos de valoriser ses employés d'être à l'écoute et de leur donner plus de responsabilités.
Responsabiliser les autres, les valoriser, amener les autres à déployer leur potentiel.
Après cette expérience Amos écrit un livre sur le leadership pour conseiller et aider les nouveaux migrants et les jeunes travailleurs.
J’ai écrit un livre aujourd'hui sur le leadership c'est toutes ces expériences que j'ai tiré que j'ai capitalisé pour donner conseils aux plus jeunes à ceux qui se recherchent !
Et vous quelle expérience a changé votre vie professionnelle ?


Transcription - Episode 03

Vous écoutez Allo, le podcast de l'Alliance Française de Calgary.
Houman, ancien étudiant de notre Alliance nous parle aujourd'hui de son année sabbatique à Paris avec toute sa famille. Tout commence il y a dix ans.
Il y a dix ans, j'étais nommé chef de mon groupe de radiologues ici à Calgary. Quand il est nommé chef, Houman négocie la possibilité de partir un an à l'étranger pour suivre une formation professionnelle. Une formation pour être médecin, donc ils ont dit oui et Drina, ma femme, elle n'avait jamais habité en dehors du Canada et elle m'a dit si on va prendre une année sabbatique j'aimerais bien si on pouvait choisir une ville qui a quelque chose de différent. Donc on a pensé "de" Londres et Paris. Houman et sa femme Drina hésite entre deux destinations : Paris ou Londres, mais le choix se fait très facilement en 2015.  
Et en 2015, je pense, j'étais à Montréal pour rencontrer le chef de département à Londres et le professeur parisien et je me souviens le moment où j'ai décidé Paris très clairement parce que c'était, c'était blanc et noir la différence pour moi. Après sa rencontre avec le professeur parisien Houman décide de partir à Paris même si à ce moment-là Houman ne parle pas encore français. Et "la" seul problème était que j'avais pas beaucoup de français à ce moment et je leur ai dit : si je me consacre à apprendre votre langue, est-ce que vous pensez que je peux travailler avec vous en 2018? Ils m'ont dit oui et on, moi j'ai commencé à apprendre le français et Drina et les filles, elles ont commencé à penser de notre vie pendant une année sabbatique à Paris.
Houman prend alors des cours intensifs de français jusqu'à son départ en 2018. La famille part enfin à Paris. Mais Houman est un peu stressé.
J'étais un peu stressé mais pour moi c'était vraiment la fin d'un chapitre et le commencement de notre chapitre de notre vie familiale donc je dois dire j'étais très heureux, j'étais très content. Je savais qu'on "va" avoir une vie complètement différent : un "bon" vie, une mauvaise vie, je savais pas. C'est un pays différent, une culture différente avec une langue différente.
L'arrivée en été à Paris est donc difficile pour toute la famille. Juillet était très difficile parce qu'il faisait très chaud, très très chaud.   Moi je me disais, ça sera un an horrible parce qu'il faisait trop chaud, surtout pour M. Il y avait beaucoup de gens et je me disais qu'on n'avait pas assez de français pour vivre ici. Mais après six semaines je pense que j'ai commencé à penser que ça va aller. Mais oui ! Ça va aller. Toute la famille s'adapte à sa nouvelle vie. L'été se finit et la rentrée arrive déjà.
C'est le premier jour de travail pour Houman et le premier jour à l'école pour ses filles. Le premier jour au travail, j'avais beaucoup de peur, beaucoup de peur parce que le premier jour au travail, c'était en même temps le premier jour d'école des filles. Donc nous avons amené les filles à l'école.   Et moi je suis partie de l'école pour l'hôpital Necker qui était dix minutes après l'école. J'y suis arrivé en pensant que je suis fou.  
Je ne pourrais pas faire cette congé parce que les gens parlent pour le français normalement mais pour moi c'était, c'était, c'était trop trop trop vite oui. Et j'ai commencé à regarder les internes français pendant leur travail avec les patients, avec les infirmiers, avec les sage-femmes etc. Et pour les premières deux ou trois semaines, je m'habituais à entendre le français parisien dans le milieu hospitalier. Les gens parlent trop vite. Houman préfère prendre le temps d'observer mais très vite il s'habitue aussi au français parisien et au vocabulaire du monde hospitalier. Après peut-être trois ou quatre semaines, je me souviens encore une fois très clairement le jour où je me disais : ah j'ai compris!
Houman a enfin sa routine professionnelle. Lui et sa famille peuvent alors profiter de cette nouvelle vie à Paris et vivre des moments importants comme la coupe du monde où les manifestations des gilets jaunes. Nous avons la chance d'y être pendant deux années, on peut dire, historique parce que on est arrivés juste avant la coupe du monde et là les bleus a gagné la coupe de monde donc c'était super. Malheureusement pour les incendies de notre de Notre Dame. On était là pour les manifestations des gilets jaunes. Je ne vis pas comme un vrai français mais j'ai vu assez des manifestations pour ma vie.
Houman et sa famille vivent comme des vrais français. Ils sont aussi heureux de prendre le train le week end pour visiter le reste de la France. La facilité avec laquelle on pouvait aller d'un appart à Paris au campagne juste à côté de Bordeaux, c'était pour nous, en tant qu'Albertains quelque chose incroyable. La famille aime tellement leur expérience à Paris qu'ils décident de prolonger leur expérience à deux ans. Au début ce projet était juste pour un an mais en octobre, Drina et moi, nous avons reçu une correspondance de l'école des filles et nous étions très très fiers des filles.
En restant une deuxième année en France, les filles d'Houman et de Frina vont aller dans une école française et devenir bilingues. Houman trouve donc une solution pour offrir cette opportunité à ses filles. Et au 22 novembre, début de décembre, j'ai commencé à faire des négociations avec mon travail ici au Canada et on tombait sur un programme où Drina et les filles peuvent rester à Paris et moi j'ai dû faire quelques aller-retours.
Après deux ans en France la famille d'Houman rentre au Canada mais une chose particulière manque à Houman : le goût. Le goût. La saveur des aliments français. Le goût des fruits et légumes français, ce n’est pas c'est pas comparable. Les fruits surtout, par rapport à ici, sont deux choses, de deux univers omplètement différents. Ce n’est pas pareil. Les framboises, les fraises. De n'importe quoi on parle, c'était pas du tout la même chose. Enfin après être là, peut-être deux ou trois mois, un jour les filles me disaient : "papa tu as mangé plus de fruits pendant deux mois ici qu'on avait vu pendant toute notre vie !" Donc c'est pour pour moi, c'était vraiment les goûts français qui me manquent le plus. Malgré un début d'expérience difficile Houman et sa famille sont heureux d'avoir vécu leur rêve en habitant deux ans à Paris. La vie entre nous était comme un rève à Paris !  
Et vous dans quelle ville francophone rêvez-vous d’habiter ?


Transcription - Episode 04

Vous écoutez Allô, le podcast de l'Alliance Française de Calgary.

Lui, c'est Said. Bonjour tout le monde je m'appelle Said M’Dahoma

Said vient de paris, il y a grandi et il y a fait ses études.

Eh bien je suis né à Paris, j'ai grandi dans la région parisienne, c'est là-bas que j'ai effectué toutes mes études jusqu’à ce que je passe un doctorat en neurosciences à l'université de Paris Descartes. Et après mon doctorat en neurosciences, du coup j'ai voulu déménager au Canada parce que je voulais voir quelque chose de différent. Je voulais voir, bizarrement j'ai toujours aimé le froid, j'ai toujours aimé le froid, c'est quelque chose qui m'a toujours fasciné et c'est comme ça que je me suis retrouvé à l'Université de Calgary.

Après ses études à l'université et un doctorat en neurosciences Said décide de partir au Canada pour être chercheur à l'université de Calgary.

J'ai déménagé ici il y a de cela huit ans. J'ai déménagé au Canada pour un poste de chercheur post-doctorant à l'université de Calgary. Et arrivé à l'université de Calgary, j’ai été assez surpris par le froid bien sûr mais aussi été surpris du fait que les pâtisseries françaises me manquaient autant. Alors j'aimais manger des pâtisseries françaises quand j'étais en France bien évidemment mais pour moi c'était quelque chose d'acquis.

Mais quand Said est à Calgary, il comprend que la pâtisserie française lui manque énormément. C'est une surprise car il n'était pas spécialement intéressé quand il était en France.

Moi je ne cuisinais pas, je ne cuisinais pas je ne faisais pas de gâteau, je mangeais, je mangeais. Il faut dire qu'en France, surtout à Paris, il y a tellement de bonnes pâtisseries, de bons restaurants. Ça ne me serait jamais venu à l'esprit par exemple en vivant à Paris de faire mon propre pain. Ça m'aurait jamais traversé l'esprit parce que il y a cinquante boulangeries autour de moi. Je vois pas pourquoi je ferais ça donc je mangeais beaucoup de pâtisseries mais je n'en faisais absolument pas. Je ne me rendais absolument pas compte à quel point la culture française notamment en ce qui concerne la nourriture était ancrée en moi.

Alors Said décide de cuisiner les pâtisseries qui lui manque tellement.

Et c'est à ce moment là que je me suis dit « pourquoi pas essayer de faire mes propres pâtisseries » et j'ai commencé à faire des gâteaux et pour être honnête avec vous j'étais vraiment pas très bon voire mauvais. Mais étant très obstiné et têtu j'ai continué continué encore et encore à faire des gâteaux jusqu'à ce que je m'améliore. Et en fait le temps passant je suis devenu vraiment de plus en plus passionné par la pâtisserie au point que- qu'après le travail, la première chose que je faisais c'était faire des gâteaux, apprendre de nouvelles techniques. La pâtisserie est difficile mais Said continue, s'entraîne, répète les recettes et il devient passionné.

Ça a duré comme ça pendant des années et à un moment, ça en devenait envahissant mais dans le bon sens du terme parce que je j'étais au travail et je pensais au prochain gâteau que j'allais faire, à la prochaine pâtisserie que j'allais élaborée, aux prochaines saveurs que j'allais combiner. Et en commençant, en faisant de plus en plus de pâtisseries, je me suis aussi rapproché de mes racines comoriennes. J'ai commencé à inclure des saveurs comoriennes dans des gâteaux français.

Said a des origines comoriennes alors il ajoute ces saveurs typiques à ses pâtisseries pour qu'elle lui ressemble un peu plus. Le mélange des traditions comoriennes et françaises est un succès.

Quelque chose que les comoriens mettent énormément dans les gâteaux, dans les gâteaux, dans la cuisine, dans tout, c'est la noix de coco énormément de noix de coco. L'autre chose que je fais aussi c'est- c'est l'assaisonnement donc l'assaisonnement chez les comoriens il y a beaucoup de curcuma, beaucoup de piment, beaucoup de citron vert. Et voilà c'est pas- c'est pas très commun en fait dans la pâtisserie française de mettre du curcuma de mettre du piment dans un gâteau. A petite dose ça peut relever le goût d'un gâteau, relever le goût d'un confit de mangue par exemple et inclure des saveurs comoriennes dans les gâteaux français me permettait de d'exprimer mon- ma personnalité, d'exprimer les différentes facettes de ma culture dans les gâteaux. Et à un moment j'ai été de plus en plus attiré par ce côté artistique, ce côté créatif. Je passais mes journées à rêver de gâteaux et j'arrivais à la fin d'un contrat à l'université de Calgary.

Mais en 2020 quand son contrat se termine Said fait face à une tragédie personnelle qui va le pousser à sauter le pas et à réaliser son rêve.

C'était en 2020, fin de l'année 2020 où je me demandais encore j'étais encore à me demander si j'allais changer de carrière ou pas. Et malheureusement ma- ma mère est décédée du covid à ce moment-là et c'était un gros gros déclic, c'était une grosse remise en question sur la vie sur qu'est-ce que c’est que la vie, qu'est ce qui vaut le coup et c'est ce moment là où je me suis dit la vie est très courte. La vie est vraiment très courte et pourquoi pas essayer d'en tirer un maximum un maximum de plaisir un maximum de joie. Et plutôt que d'hésiter pendant des années à me demander si c'était la bonne chose à faire essayons.

Depuis, Said est donc officiellement pâtissier.

C'était il y a deux ans, c'était il y a deux ans et depuis deux ans, du coup, je ne suis plus neuroscientifique. J'ai quitté ma carrière de neuroscientifique pour devenir pâtissier et changer de carrière. Passer d'une carrière extrêmement scientifique, cartésienne où tout est calculé, millimétré, à une carrière où il y a encore du calcul et de la précision, vu que c'est de la pâtisserie, mais il y a mais il y a quand même beaucoup plus de place laissée à la créativité. Cela m'a pris pas mal de temps quand même pour pour faire la transition.

Ce changement de carrière représente de nouveaux défis.

Il y a eu beaucoup de peurs quant à mon changement de carrière. Déjà l'une des peurs principales c'était est-ce que je suis pas en train de mettre à la poubelle huit ans d'études à l'université, est ce que je suis pas en train de jeter à la poubelle mon doctorat, est ce que c'est le bon choix? Est-ce que je vais pouvoir retrouver une carrière dans la science après la pâtisserie si jamais je change d’avis ? Ou l'autre peur aussi c'était principalement au niveau financier parce que au niveau financier même si un chercheur ne gagne pas des mille et des cents, c'est quand même l’âge Je dois chercher de l'argent, je dois trouver un moyen de générer du revenu en m'associant avec des marques, en vendant mes cours de pâtisserie, donc tout ça c'est, tout ça c'est des inquiétudes qui me stressent au quotidien où je me demande souvent comment est-ce que je vais générer du revenu. Être entrepreneur, c'est bon, on perd le confort d'avoir un salaire mensuel régulier, on gagne en créativité, en liberté mais voilà on peut pas tout avoir dans la vie.

Mais Said s'habitue à sa nouvelle situation et ajoute maintenant aussi les saveurs canadiennes à ses créations.

Mais maintenant c'est quelque chose que j'aime vraiment beaucoup et je m'éclate énormément dans ce que je fais et je suis devenu aussi récemment canadien. J'aime beaucoup utiliser les ingrédients canadiens, il y a il y a quand même quelques ingrédients que j'adore comme les cerises, les cerises de Colombie Britannique qui dans les gâteaux sont absolument magnifiques. Et voilà et maintenant je donne des cours de pâtisserie en ligne et je partage mes recettes sur mon blog, mais aussi sur les réseaux sociaux, sur instagram, sur tiktok et ça me permet de laisser libre cours à ma créativité et de faire des choses qui m'animent, qui m'éclatent.

Said partage ses recettes sur les réseaux sociaux jusqu'à être suivi par des milliers de personnes venant de nombreux pays.

La plus petite représentation en termes de pays sur mon Instagram c'est la France c'est 1%. Après le reste je crois que c'est 40% Canada 40 % les Etats Unis, le Royaume-Uni et finalement la France. Il offre aussi des cours en ligne qui lui permettent d'avoir des étudiants pâtissiers des quatre coins du monde. Pour les gens que j'ai en cours, c'est surtout Etats-Unis, Calgary, c'est souvent la côte ouest, c'est souvent Calgary, Victoria, Vancouver. J'ai déjà eu des personnes d'Espagne, Italie, Londres, Amsterdam.

Said est donc passé de la neuroscience à la pâtisserie mais quels sont les points communs entre les deux ? Quelle est la place de la science dans la pâtisserie ?

Les points communs entre la neuroscience et la pâtisserie ; déjà juste en prenant le terme science en pâtisserie, il y a énormément de sciences et tout ce qui est relatif à la pâtisserie demande beaucoup de précisions, demande de calculer le poids des ingrédients, demande de s'y connaître un petit peu en chimie en fait, de savoir comment la texture d'une crème va changer en fonction de sa composition en gras, de sa composition en sucre. Et rien que là, il y a beaucoup de science dans la pâtisserie et pour reprendre le terme neuro je dirais qu'il y a aussi la pâtisserie, c'est, c'est le plaisir, c'est le sucre, du coup en prenant des termes très neuroscientifique, c'est l'augmentation de dopamine, d'endorphine au niveau du cerveau. Et bien, manger une pâtisserie, c'est ça, c'est augmenter son plaisir, en augmentant, en augmentant les niveaux de dopamine d'endorphine dans le cerveau.

Alors vous avez compris? Vous ne mangez pas trop de pâtisseries, non, non, non! Vous augmentez simplement votre niveau de dopamine et d'endorphine dans votre cerveau, c'est de la science!

Et vous, avez vous déjà vécu un changement de carrière?